Stratégie du Canada pour les accords de libre-échange

L’AECG avec l’UE étant conclu, on se tourne vers l’Asie

Par Angela Parkin, gestionnaire de la conformité commerciale, gestion du commerce mondial, Société internationale Livingston

Cet article a été publié le 3 mars 2017 dans le Global Trade Magazine

Douze pays sont les membres originaux du Partenariat transpacifique (PTP) : Australie, Brunei, Canada, Chili, Japon, Malaisie, Mexique, Nouvelle-Zélande, Pérou, Singapour, États-Unis et Vietnam. Ces pays représentent 40 pour cent du commerce mondial avec un marché de presque 800 millions d’habitants et un produit intérieur brut (PIB) de 28,5 mille milliards de dollars. Comme certains pays n’ont pas ratifié le PTP, et vu l’absence de soutien de la part du nouveau président des États-Unis, il semble que ce partenariat ait échoué.

Étant donné l’échec du PTP, il n’est pas surprenant que de nombreux experts en commerce international se tournent vers le Partenariat économique global régional (PEGR). Cette proposition de partenariat comprend les 10 membres de l’Association des Nations de l'Asie de Sud-Est (ANASE) : Brunei, Cambodge, Indonésie, Laos, Malaisie, Myanmar, Philippines, Singapour, Thaïlande et Vietnam. Le partenariat comprend également six « pays en dialogue » : Australie, Chine, Inde, Japon, Corée du Sud et Nouvelle-Zélande, avec lesquels les pays de l’ANASE ont signé des accords de libre-échange. Les pays membres du PEGR comptent une population de 3,4 milliards d’habitants ; avec un PIB total de 21,4 mille milliards de dollars, ils représentent environ 30 pour cent du PIB mondial.

Sept des douze membres du PTP – Australie, Brunei, Japon, Malaisie, Nouvelle-Zélande, Singapour et Vietnam – font également partie de la proposition de partenariat PERG. En outre, la Chine et l’Inde sont également incluses, ce qui fait du PERG un partenariat intéressant pour de nombreux pays, le Canada compris. En septembre 2012, pendant le congrès des ministres de l’économie des pays de l’ANASE, les 16 participants au PERG ont convenu d’amorcer les négociations. Jusqu’à présent, 16 séries de pourparlers ont eu lieu ; ils devraient reprendre au Japon en février 2017.

Bien que le Canada n’ait pas publié de politique soulignant ses priorités ni une orientation claire en matière de priorités pour les accords de libre-échange, il s’engage activement à négocier des accords de libre-échange avec certains des principaux pays de l’Asie. L’intérêt du Canada à l’égard du PERG n’est pas clair, mais on peut dire qu’il désire davantage de partenaires asiatiques en vue d’accords de libre-échange. Actuellement, le Canada a amorcé des négociations de libre-échange avec la Communauté des Caraïbes (CARICOM), le Guatemala, le Nicaragua, El Salvador, la République Dominicaine, l’Inde, le Japon, le Maroc et Singapour.

Le Canada négocie également la modernisation de l’Accord de libre-échange Canada-Costa Rica et entretient des discussions dans les domaines suivants :

  • Discussions commerciales exploratoires avec le MERCOSUR
  • Discussions commerciales exploratoires avec la Turquie
  • Discussions de libre-échange avec les Philippines
  • Discussions de libre-échange avec la Thaïlande
  • Discussions de libre-échange Canada-Chine

Pour des pays comme le Canada et les États-Unis, l’intérêt du PTP réside dans une réduction des tarifs et des obstacles au commerce international, et dans l’approvisionnement et les investissements étrangers. Cependant, le PERG est un accord beaucoup moins ambitieux : il a comme objectif de consolider les accords de libre-échange entre les membres de l’ANASE et ses partenaires en dialogue du PERG, afin de simplifier les formalités commerciales, d’augmenter les échanges commerciaux et d’accroître les investissements en Asie. Étant donné que le PERG est au début de ses négociations, il n’est pas évident que tous les pays accepteront les réductions de tarifs, car les pays participant au dialogue, tels que l’Inde, doivent protéger leurs propres marchés.

Maintenant que le Canada a conclu l’Accord économique et commercial global (AECG) avec l’Union européenne, il doit se concentrer sur d’autres régions, telles que l’Asie, pour augmenter son accès aux marchés étrangers.

Angela Parkin, gestionnaire de la conformité commerciale, gestion du commerce mondial, la Société internationale Livingston.